Sri Lanka: journalistes, diplomates et ONG menacés d'expulsion (presse)

AFP 01.02.09 | 08h37

 

Les autorités sri-lankaises expulseront les journalistes étrangers, les organisations humanitaires et les diplomates dont les écrits ou propos seront perçus comme favorables aux rebelles tamouls que l'armée affronte dans le nord de l'île, selon la presse de dimanche.

"Ils seront chassés s'ils tentent de donner un second souffle aux terroristes des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), au moment où les forces de sécurité payent un prix élevé en leur portant le coup final", a déclaré le secrétaire à la Défense, Gotabaya Rajapakse, cité par le Sunday Island.

"Rajapakse n'a pas mâché ses mots lorsqu'il a déclaré que certains ambassadeurs, particulièrement ceux d'Allemagne et de Suisse, ainsi que certaines agences de presse, se comportaient de manière irresponsable", a ajouté le journal.

L'ambassadeur d'Allemagne au Sri Lanka, Jurgen Weerth, avait été convoqué mi-janvier après des commentaires relatifs à la liberté de la presse tenus lors des funérailles d'un journaliste sri-lankais dont le meurtre, début janvier, est imputé par des médias aux autorités.

L'association française de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF), a demandé vendredi "solennellement" au président du Sri Lanka Mahinda Rajapakse de laisser des journalistes se rendre dans le nord de l'île où l'armée tente de venir à bout, à huis clos, du dernier carré de rebelles séparatistes.

Depuis le début de la semaine, les Nations unies, les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Inde et le Canada, ainsi que des organisations humanitaires et de défense des droits de l'Homme, s'émeuvent des conditions de vie dramatiques des habitants du département de Mullaittivu, dans le nord-est du Sri Lanka.